Une histoire de peinture

M. Fournier – Je continue la liste des travaux.
Passons à l’ascenseur : changer le néon en panne, cacher les fils électriques qui dépassent au-dessus des boutons, repeindre dans une couleur plus claire.


Mme Argento – Pour la peinture, ça rentre dans le budget ?


Mme Vallons – On a reçu les devis. On peut y aller si vous, le Conseil Syndical, êtes d’accord.


Mme Argento – De toutes façons ça sera de nouveau esquinté. Il y en a qui gravent des trucs débiles sur les parois.


M. Fournier – Espérons que les caméras vidéo nous permettront de voir qui tague et d’envoyer la facture au propriétaire.


Mme Vallons – Comme syndic, je n’ai pas le droit d’envoyer une facture à un propriétaire. Je peux juste lui envoyer un devis en lui demandant de payer. S’il refuse, il faut saisir la justice.

Hollywood vidéo – acte 1

Ah les tags ! Ils donnent une mauvaise image de l’immeuble, ce qui rend plus difficile de trouver des locataires ou de vendre.
Mais comment les empêcher ?
La vidéo va-t-elle pouvoir apporter une solution ?

Acteurs

M. Fournier – Je repasse donc la vidéo en arrière, et voilà ce que je vois : un ouvrier venant faire des travaux qui grave je ne sais quoi sur la paroi de l‘ascenseur, avec une clé ou quelque chose du genre.

Mme Vallons – Et il fait ça à cinquante centimètres de la caméra !
Et ils sont fiers d’eux.


Mme Argento – Comment savez-vous que c’est un ouvrier ?

Grand écran

(Photo depuis la Vidéo de l’ascenseur.)
La porte de l’ascenseur est fermée.
Deux personnes en T-shirts noirs, face caméra.
L’une grave, avec une clé de voiture, une inscription sur la paroi de gauche.
L’autre, dos à la même paroi, le regarde en riant.

M. Fournier – Regardez le dos du T-Shirt : il y a le nom de la société.

Mme Argento – J’avais lu qu’aux Etats-Unis, un type avait fait encore plus fort. Il a braqué une banque pendant sa pause de midi. Il avait gardé sa tenue de travail avec ses nom et prénom bien visibles, inscrits sur sa poche.
Il n’a pas été trop difficile à retrouver.

Gérard – C’est pratique le prénom. Au cas où il y aurait des jumeaux, cela évite l’erreur judiciaire.


Mme Vallons – J’ai appelé l’entreprise. Le patron a été impeccable. Je lui ai montré la vidéo, et un devis pour repeindre l’ascenseur. Il a fait le chèque. J’ai fait repeindre l’ascenseur.

Mme Argento – Je commence à l’aimer moi cette vidéo.

(Photo depuis la vidéo de l’ascenseur porte ouverte.)
La porte de l’ascenseur est ouverte sur un couloir.
Les deux hommes sortent de l’ascenseur, donc tournent le dos à la caméra. On peut lire le nom de la société (« XYZ TRAITEMENTS ») écrit en très grand au dos du T-shirt de celui qui a gravé et qui sort en dernier.

Hollywood vidéo – acte 4

Et voilà, première victoire de la vidéo.
Il va en falloir d’autres plus significatives pour que Mme Argento soit convaincue et surtout que l’immeuble retrouve sa sérénité. En tout cas, ça fait du bien au moral du syndic et des conseillers syndicaux.
Précision importante : cette anecdote n’est absolument pas inventée.