À propos

Note d’intention

La pièce est basée sur des faits qui se sont réellement déroulés. Elle témoigne de la vie mouvementée d’un immeuble vue au travers d’une vidéosurveillance.
Je l’ai qualifiée de « comédie tragique ». La part de comédie, c’est la vie de tous les jours avec ses aspects plaisants, tendres, surprenants et souvent plus graves. C’est ce qui nourrit l’humour désabusé dont font preuve les personnages face aux calamités qui s’accumulent.
Pour en rajouter aux occasions de rire, j’ai imaginé que les acteurs se mettent à régler des comptes personnels tout en jouant la pièce devant le public. Il faut le jouer comme si c’était la chose la plus normale du monde. Le public repère les deux univers simplement grâce au texte : d’un côté l’immeuble avec ses problèmes dans lequel les acteurs s’appellent madame ou monsieur, de l’autre les personnages-acteurs étalant leurs problèmes personnels et s’appelant par leurs prénoms.
Mais le tragique vient s’imposer au travers des agressions envers trois femmes. La violence interrompt brutalement l’ambiance joyeuse dans laquelle baigne la pièce. Ce qui apparaissait dans un premier temps comme un avatar parmi tous les problèmes de l’immeuble vient s’imposer au cœur de la pièce. Dès le premier acte on assiste à une première agression, pitoyable défoulement d’un esprit malade. Puis suit l’agression qui aurait pu finir tragiquement. Enfin vient l’agression révoltante, insupportable, celle que le public ne doit jamais oublier après l’avoir vue. Je voudrais qu’il soit bouleversé et se demande quand cette folie va s’arrêter compte tenu du crescendo dans la brutalité des agressions.
Si j’ai choisi de terminer la pièce sur une note plus légère et généreuse, c’est que je refuse de voir violence asservir la vie à sa mocheté. Je recherche la prise de conscience des spectateurs, pas leur accablement.
L’affichage de la vidéosurveillance est un acteur à part entière. Je le considère comme l’acteur principal. Sans lui, il n’y a pas de pièce.
Pour des raisons légales, il n’est pas possible de montrer les enregistrements réels, mais le parti pris est de montrer des séquences conformes à ce qui a existé. La vidéo n’a pas de son, comme dans une surveillance vidéo.
J’ai voulu que le public puisse assister à une reconstitution des faits. Pas une reconstitution historique ni une reconstitution judiciaire, mais quelque chose à la fois fidèle et immédiatement compréhensible. L’artifice de présentation permet de justifier que le public regarde les vidéos et les photos « reconstituées » pendant que les acteurs réagissent à ce qui est montré.
Certains détails ne sont pas précisés dans le tapuscrit car ils n’apportent rien d’important à l‘histoire. C’est généralement le cas pour les tenues portées par les personnages qui apparaissent à l’écran. Certaines informations sont volontairement inexactes afin de préserver l’anonymat des résidents de l’immeuble. Par exemple, les références aux étages sont systématiquement fausses et le véritable immeuble ne s’appelle pas le Hollywood. Je me suis volontairement abstenu de préciser où se situent les appartements dans les couloirs. Une seule suggestion : placer l’appartement du receleur sous la caméra du couloir permet de bien voir le bric-à-brac livré durant les nuits.
En dehors des réserves précédentes, les descriptions fournies pour les images sont totalement fidèles aux enregistrements vidéo de l’immeuble.
Les faits sont quasiment toujours rapportés dans le même ordre que dans la réalité. Les exceptions concernent les objets déposés chez le receleur ou certaines scènes dans l’ascenseur. C’est juste une question de cohérence dans la narration.
Les dialogues doivent se synchroniser avec ce qui s’affiche sur l’écran. Je me suis attaché à ce que la durée de la parole des acteurs soit suffisant par rapport à ce qui s’affiche.

À propos de l’auteur

« Hollywood vidéo » est ma première pièce de théâtre. J’ai vraiment le sentiment que ce sont les circonstances qui me l’ont imposée.

Informaticien, je n’ai pas le début du commencement d’une formation littéraire. Je suis vraiment un scientifique coulé dans le moule. Mais j’adore le théâtre, notamment le théâtre de boulevard.

Fort de cet intérêt, et ressentant le besoin impératif de témoigner de ce que j’avais vu, de ce que j’avais vécu, je suis parti à l’aventure. Et je suis arrivé au bout de cette première étape essentielle : écrire la pièce.

Il me faut maintenant m’engager sur un autre chemin, relever un autre défi : pouvoir la montrer au public.

Je m’attache donc à en faire connaître l’existence, en espérant que des rencontres permettront de donner vie aux mots posés sur un clavier.

Dany Fournier
Février 2021